Archive for March, 2009

Deux impressions d’un week-end new yorkais

Posted in Uncategorized on March 31, 2009 by restonyc

La crise? Quelle crise? Je laisserai aux sociologues tirer toutes les conclusions même si je les entends déjà nous expliquer que, pendant les périodes récessives, nous avons tendance à nous tourner vers les valeurs sures -plats familiaux et ancestraux- aux dépens des adresses bling-bling (la liste new yorkaise serait trop longue) . Samedi soir avant 21h00, j’appelle Balthazar pour réserver une table pour deux personnes en fin de soirée. “We’re fully booked tonight.” Rien ne nous arrête et nous nous hasardons à dépasser la 14ème rue pour aller dîner un samedi, opération d’autant plus risquée qu’une pluie fine commence à tomber sur New York et qu’il sera difficile de trouver un taxi pour rentrer dans l’Upper East Side vers minuit, heure prévue de la fin de notre moment Balthazar. A l’accueil, l’hôtesse nous annonce une heure et demi d’attente. Passer plus de 90 minutes debout sans pouvoir toucher le bar pris d’assaut ne nous enchante guère. Nous devons certainement vieillir. Un taxi décharge des gens très patients ou très prévoyants (ayant réservé en début de semaine). Ni une, ni deux, nous nous replions sur Artisanal ou j’apprécierai un morceau de poulet géant, tendre, à la peau grillée comme il faut, mais malheureusement au sommet d’une montagne de purée et de haricots verts qui s’enfonce tels des sables mouvants dès que je plante ma fourchette et mon couteau.

Le lendemain, je repars vers le Sud pour aller prendre un café à Noho chez Think Coffee. Chouette un coffee shop, lieu que je devrais fréquenter, et que je ne fréquente pas, depuis que je suis redevenu étudiant. Qu’est-ce qui fait un bon coffee shop? Check-list ! Un décor bois et sombre. Check. Des clients qui restent des heures, ne consommant qu’un expresso, pour réviser. Check. Du café ou un latte pour moi. Check. De la bonne musique, un peu indé, un peu folk. Et le programmateur nous balance, à pleins tubes (dimanche à 17h00) du Cher période disco. Pitié. Je crains un hommage à Stock, Aitken et Waterman; désastre évité grâce à l’arrivée de Cat Power.

Sur le chemin du retour, je passe chez Other Music, un des meilleurs disquaires du monde -titre facile pour une profession qui fond comme neige au soleil-, ou j’achète trois CD’s pour moins de 10 dollars au total: All that you can’t leave behind de U2 -malgré tout, je reste un fan-, Not in Kansas anymore de Basehead -rappeur sérieux et rassurant, presque disparu- et Ghost of A Dog d’Edie Brickell and New Bohemians – j’aurais bien entendu au Think Coffee leur deuxième album, Shooting Rubberbands at the Stars.

Quelques jours en Inde

Posted in Un-NYC Restaurants on March 21, 2009 by restonyc

Tout commence avec Air India. Et comme toute compagnie aérienne qui se respecte, elle n’arrête pas de vous gaver pour vous empêcher de vous plaindre. Toutes les trois heures, les hôtesses me donnent la becquée, des plats indescriptibles, inidentifiables, le plus petit commun dénominateur de la nourriture internationale dont le représentant ultime reste cette chose molle sous plastique que des aveugles, des fous osent appeler du pain. Je n’arrive pas regarder de film de Bollywood, même si Devdas fait partie de mon panthéon personnel. Je continuerai à édifier ma culture cinématographique sur place. Je préfère -est-ce le bon choix?- voir Dan in the real life (pas mal ce Steve Carrell), What happens in Vegas (ou le film aurait du rester), Le jour le plus long (devenu une antiquité depuis la sortie de Saving Private Ryan).  Est-ce l’effet d’une acculturation expresse ou un traiteur de meilleure qualité mais les plateaux-repas me semblent de meilleure facture de Delhi à New York que l’inverse?

En dix jours, j’aurais vu un seul bout de la cuisine indienne car je suis resté entre Delhi, Agra et le Rajasthan et j’ai cru comprendre que le pays était un rien plus vaste; ainsi que sa gastronomie. Aussi, pour m’éviter plus de tourments gastriques, j’ai évité tout laitage (dont des lassis en tout genre dont je raffole) et produits frais.

Le meilleur repas restera un dîner à Espahan, dans l’hôtel Oberoi d’Agra qui reprend des classiques locaux à la perfection soit des naans aériens, des morceaux de poulet grillés, goûteux et tendres; des gombos aux allures de pommes allumettes; de paneers ayant plus de personnalité de le meilleur des tofus ou que la sauce qui l’enrobe…

Depuis quatre ans que je vis à New York, j’ai toujours su éviter, sans devoir faire preuve de trop de dextérité, d’aller chez McDonald’s sauf pour, une fois, y commander un café. Avant d’aller voir Delhi 6 –très dispensable malgré Amitabh Bachchan habillé pour une soirée blanche d’Eddie Barclay- au cinéma de Jaipur un jour férié (holi : la fête durant laquelle tout le monde se balance des poudres de couleur faisant ressembler cette journée à un grand moment psychédélique), la maison de Ronald s’annonce comme la solution la plus pratique et une des expériences gastronomiques les plus horrifiques dans un pays qui ne cuisine pas le boeuf. Je commande ce qui s’annonce comme l’équivalent indien du Big Mac, le Chicken Maharaja Mac, soit le plat -si l’on peut appeler ainsi cet empilement alimentaire- le plus désespérant du monde: trois tranches de poulet recomposé, et empestant les inoffensives épices, enchâssées dans ce pain tout mou, des bouts de légumes absents et une sauce mayo pour noyer l’ensemble. Il était trois heures. J’avais la dalle mais je n’ai pas réussi à finir mon plat.

Sinon, en Inde, il y a des restaurants-lounge comme à New York, ou comme leurs propriétaires imaginent New York, avec des prix relativement modestes pour nos portefeuilles mais suffisant pour nourrir une famille de quatre personnes pendant un bon mois. On y retrouve les classiques locaux, de la cuisine continentale (traduire occidentale) de base.

A Udaipur, nous avons déjeuné dans un restaurant italien, pas forcément mauvais si on n’oubliait qu’il était italien, et je me suis demandé si l’écart entre titre et la réalité était le même avec les restaurants indiens ou j’étais allé à Paris ou à New York.

A la fin de mon régime à deux temps (mouton/poulet, mouton/poulet…), je rêvais d’une salade, d’un plateau de fromages, de pain plus épais qu’une galette. Oui, la cuisine indienne -ou plutôt celle du Rajasthan- vaut plus que sa caricature à base de curry dont je n’ai jamais vu la couleur en dix jours. En Inde, les épices sont plus qu’une simple poudre de perlimpinpin destinée à vous faire cracher du feu comme Puff the Magic Dragon mais de savants mélanges relevant magnifiquement le premier blanc de poulet venu.

Votre estomac de petit occidental fragile et gâté limite vos options et votre très faible connaissance de l’hindi vous empêche de comprendre une très grande majorité de la carte. Vous avez tendance à limiter les risques et à vous rabattre sur les plats que vous avez déjà rencontres lors de votre dernier repas dans un restaurant indien: New Balaal ou Kastouri à Paris; ou Devi, version plus raffinée, à New York. J’aurais rêvé de goûter cette cuisine de rue si appétissante ou de m’enivrer de lassi mais la gueule de bois gastrique dans ces contrées peut réserver de mauvaises surprises.

Chouette, vous êtes de retour mais votre estomac est toujours en Inde. Vous ne pouvez pas apprécier les joies d’une salade, d’un yaourt ou d’un morceau de fromage (qui aurait le goût de fromage). Encore quelques jours de patience…

Picholine

Posted in $$$$ - Plus de $90, Restaurant - Upper West Side, Restaurants NYC on March 16, 2009 by restonyc

Quoi de plus triste qu’un restaurant à trois quarts vide même si nous sommes un mardi de crise et que nous arrivons juste avant que les cuisines ne ferment? Il y a une private party bruyante dans un des salons adjacents. Il y a encore des gens qui ont des choses à fêter? A moins qu’ils ne s’enivrent pour oublier.

Le personnel redouble d’égards, à moins qu’il ne soit naturellement attentionné. A force de vouloir séduire le rare client, il le confuse à coups de mises en bouche et de mignardises à gogo. Quand commence le dîner? Quand finit-il? Comme si nous ne voyions que des bandes-annonces -il est vrai souvent meilleures que le film lui-même- alors que nous sommes venus pour le film.

Je n’ai pas très faim et je choisis Tastes of Picholine, soit tous les plats servis taille entrée. La soupe au fenouil est loin d’être transcendante mais le boeuf wagyu est de compét’, tendre sans être mou, ferme sans être dur. Il y a aussi un très beau plateau de fromages, surtout si vous aimez les pâtes cuites. Je finis par le Passion Fruit “Cannoli” tout en douce acidité.

Picholine

35 West 64th Street (between Broadway and Central Park West)

New York, NY  10023

+1-212-724-8585

www.picholinenyc.com

Bar Breton

Posted in $$ - De $30 a $60, Restaurant - Garment District, Restaurants - How much?, Restaurants NYC on March 1, 2009 by restonyc

Pour parler comme Georges Marchais, le bilan est globalement positif. Faisons deux petites listes.

Les plus mieux:

  • Un cadre presque sympa, faussement bricolé avec six chaises dépareillées pour notre table,
  • Des galettes pas mal, même s’il reste illusoire de poursuivre un rêve culinaire breton dans un des quartiers les plus déprimants de Manhattan,
  • En ouverture, une agréable cassolette de tripes servie dans un mini-plat Le Creuset de rigueur,
  • Un menu à $35 pour quatre plats bien balancés et généreux.

Les moins bien:

  • Un service à la ramasse qu’il faut quasiment implorer pour commander ou payer la note,
  • Des verres d’eau que l’on vous remplit après chaque gorgée (ma recommandation: moins de runners, plus de serveurs),
  • Une camarade fragile et barbouillée,
  • Une assommante et médiocre musique technomollindigeste: mieux que le biniou et la bombarde, il y a le silence.

Bar Breton

254 5th Ave (between 28th and 29th St)


Get Directions

New York, NY, 10001

+1-212-213-49

www.barbreton.com/