Archive pour la catégorie '$$ - De $30 a $60'

Bar Breton

Pour parler comme Georges Marchais, le bilan est globalement positif. Faisons deux petites listes.

Les plus mieux:

  • Un cadre presque sympa, faussement bricolé avec six chaises dépareillées pour notre table,
  • Des galettes pas mal, même s’il reste illusoire de poursuivre un rêve culinaire breton dans un des quartiers les plus déprimants de Manhattan,
  • En ouverture, une agréable cassolette de tripes servie dans un mini-plat Le Creuset de rigueur,
  • Un menu à $35 pour quatre plats bien balancés et généreux.

Les moins bien:

  • Un service à la ramasse qu’il faut quasiment implorer pour commander ou payer la note,
  • Des verres d’eau que l’on vous remplit après chaque gorgée (ma recommandation: moins de runners, plus de serveurs),
  • Une camarade fragile et barbouillée,
  • Une assommante et médiocre musique technomollindigeste: mieux que le biniou et la bombarde, il y a le silence.

Bar Breton

254 5th Ave (between 28th and 29th St)


Get Directions

New York, NY, 10001

+1-212-213-49

www.barbreton.com/

Cookshop

Voici quelques temps que je voulais aller chez Cookshop mais pour l’Uppereastsider, dîner à Chelsea relève de l’exil banlieusard. Les vacances m’offrent l’occasion de ce type d’expédition -45 minutes en bus plus métro malgré les recommendations foireuses du galeriste avec lequel je partage mon repas- pour le déjeuner dans la minéralité de l’Ouest de Manhattan. J’avais envie de decouvrir Cookshop mais je me méfiais de cette adresse branchée peut-être déjà défraîchie.

Dans mon assiette:

Grilled sausages salad

Pumpkin Bread Pudding

La salade, malgré une sauce un rien huilée, me plait bien avec ses fruits secs qui lui donnent une touche moelleuse. Tout serait parfait si, en cuisine, ils s’étaient donnés la peine de griller les saucisses jusqu’au bout; saucisses qui perdent de leur vigueur rustique avec leurs bouts de chair molle et froide.

Comme beaucoup de desserts américains, le Pumpkin Bread Pudding appartient à la catégorie des pâtisseries indifférentes. Pas vraiment mauvaises, pas vraiment excellentes. A quoi bon s’enfiler autant de calories pour un plaisir si banal?

Cookshop

156 10th Ave

New York, NY, 10011

+1-212-924-4440

www.cookshopny.com/000_home/000home.htm

Dinosaur BBQ

Le voyage vaut le coup pour le frisson bourgeois de déclarer que l’on est allé dîner à Harlem mais surtout pour l’environnement gigantesque et si cinématographique –idéal pour un remake manhattanien de The French Connection- qui ceint Dinosaur BBQ: des voitures partout, un nœud autoroutier en train de naître (ou un cauchemar d’ingénieur civil comme dirait mon ami Juan). Le restaurant a des allures disneyennes avec sa décoration de cinéma, pseudo-authentique, trop belle pour être vraie. Harlem, pourquoi pas! La crasse et la patine du temps, non!!

Dans mon assiette:

Swag Sampler Plate (Spicy Shrimp Boil, Chicken Wings, Fried Green Tomatoes, Deviled Eggs)

Tres Hombre (Bar-B-Que pork, Texas Beef Brisket & Bar-B-Que ribs)

Je tiens à préciser que j’ai partagé l’entrée avec trois autres camarades. Un restaurant qui offre la version locale des oeufs mimosa (Deviled Eggs) part avec un bonus. Sinon, les crevettes pleurent d’ennui et je me demande comment juger des Chicken Wings. Les Fried Green Tomatoes me rappellent le film du même nom mais il n’y a aucun rapport.

Les choses sérieuses arrivent. Pour moi, le barbecue se résumait à des campeurs en short en train de faire griller des saucisses mais aux Etats-Unis, il s’agit d’un art culinaire à part entière faisant référence, en général, à une viande marinée cuite à feu doux dans un four. La viande fond, un peu trop étouffée par la sauce dans laquelle elle a passé des heures, mais je ne gâche pas ma joie et j’avoue que j’ai rarement dîné de ribs d’une telle qualité. Je fais l’admiration de ma voisine, une texane format XS qui enfile les Donkey Punch (cocktail sucré à base de rhum) pour mon appétit et ma capacité à (presque) terminer –soit deux tiers- mon plat. En accompagnement, je recommande les fondantes Syracuse Style Salt Potatoes. Inmanquables!

Dinosaur BBQ

646 W 131st St (@12th Ave)

New York, NY 10027

+1-212-694-1777

www.dinosaurbarbque.com

Land

Je continue ma tournée des restaurants de quartier, de ceux qui ne valent pas leurs 30 dollars de taxi aller-retour mais largement une visite pour dîner avec des copains qui habitent dans le coin. Land, un thaïlandais long comme le pied de Michael Phelps. Ne vous y précipitez pas à plus de quatre car seule une table ronde peut accueillir autant de personnes. Après ce chiffre, vous serez obligés de déjeunerdîner en rangs d’oignon, option banquet, après avoir attendu dehors car comme tout restaurant de quartier et de qualité (conditions cumulatives), le restaurant maximise l’espace -je n’ose imaginer l’exiguïté des cuisines- et les locaux se précipitent pour attendre, coincés entre la porte et le comptoir, même un lundi soir.

Dans mon assiette:

Chicken Galangal Soup

Satay Sampler

Spicy Beef Salad

Petite déception pour commencer par ce grand classique thaïlandais: la soupe manque un peu d’épaisseur et le poulet marine depuis le matin (au mieux) évitant le caoutchouc aux dépens du goût.

Reprise avec le sampler, soit trois agréables brochettes de viande sans folie, ni déception (même si je m’attendais à une petite touche de différence: donc, je suis un peu déçu, en fait).

Heureusement que j’ai demandé mon déclassement de trois à deux piments sinon j’allais cracher du feu comme Puff the Magic Dragon. Hormis ce petit coup de fouet épicé, la salade rafraîchit, désaltère, vivifie; une cascade naturelle de beautés naturelles qui dévale.

Land

450 Amsterdam Ave (between 81st and 82nd Ave)

New York, NY 10024

+1-212-501-8121

www.landthaikitchen.com/landWest.html

Cavatappo Grill

Avant, il y avait Luca avec d’étranges abat-jours en forme d’aubergines. Puis, il y eut, sous la même égide, Cavatappo Grill avec une décoration plus chaleureuse et intime: des banquettes, des couleurs sombres et encore ce carrelage Vigor si facile à nettoyer. Luca/Cavatappo Grill tient du bon petit (pourquoi petit? pour reprendre la question de Philippe Noiret dans Les Ripoux) italien de quartier, celui qui nous accueillis pour notre premier 31 décembre new yorkais il y a bientôt 4 ans après une riante journée à l’Ikea d’Elizabeth (NJ).

Dans mon assiette:

Puff pastry tart w/Pears & Gorgonzola

Grilled Sardines

Assorted cold cuts plate

Je gardais un bon souvenir de la tarte poire et gorgonzola, notamment de la croûte. Aujourd’hui, la pâte feuilletée feuillette trop, vole au vent et manque de consistance à force de légèreté. La poire et le fromage vont bien ensemble mais le coulis rouge -des canneberges pour Thanksgiving?- en fait trop dans le sucré-salé.

10 dollars pour deux sardines, c’est un peu cher. N’aurions-nous pas pu avoir les triplés? Le prix se justifierait si les deux poissons -fort bons au demeurant mais peut-on vraiment se planter en grillant des sardines?- venait directement du port de Marseille? Là-dessus, j’ai un doute.

Même réflexion pour la (petite) assiette de charcuterie honorée de deux mini crottes de parmesan. Un peu plus donnerait une impression de festin. Sinon, je vais faire mes courses chez Milano Market et je me fais mon plateau italien moi-même devant Extreme Makeover: Home Edition. Je comprends que la crise frappe tout le monde mais si les restaurants se montrent chiches avec ceux qui osent encore sortir le dimanche soir, les derniers vaillants ne reviendront plus.

Cavatappo Grill

1712 First Ave (between 88th and 89th St)

New York, NY, 10128

+1-212-987-9260

http://www.cavatappo.com/Grill_Page.html

The Bar @ Etats-Unis

Définitivement, un des meilleurs restaurants de l’Upper East Side. D’un coté de 81st Street, Etats-Unis, plus élaboré, plus travaillé, plus raffiné. De l’autre où nous dînons, une cuisine plus simple, plus directe et tout aussi bonne. Ceux qui veulent peuvent choisir, au bar, ce que propose la maison-mère où se trouve la cuisine. Si vous passez dans le coin à l’heure des services, vous verrez le personnel traverser la rue les mains pleines, les mains vides. Comment font-ils les jours de pluie?

Dans mon assiette:

Boston Lettuce Salad with caramelized pear, stilton cheese and toasted hazelnut vinaigrette

Baby Back Ribs barbequed St. Louis style and served with homemade coleslaw

Qu’est-ce qu’une bonne salade? Encore plus que le sandwich, la salade est un des biens alimentaires les plus communs de l’alimentation occidentale salariée. En voilà, une formule définitive et un rien creuse. La vie professionnelle –étudiante pour le moment-, l’absence de temps et un certain souci régimo-diététique me fait ingurgiter plus d’une salade par semaine. Ce plat a le triple mérite de la variété, de l’équivalence et d’une certaine non-médiocrité. A force d’avaler des salades à peine correctes, on en vient à ignorer qu’il en existe de bonnes. Etats-Unis nous remet les pieds sur terre et me dégoûte de toute feuille de laitue pour au moins deux semaines. La salade craque, vibre, chante. Le stilton ferait taire n’importe quel Superdupont qui ne jure que par la Sarkozie fromagère. Cerise sur la salade: des poires.

Les cotes de porc donnent un air d’élégance au barbecue et aussi d’épice. Le chef a intimé l’ordre de finir les stocks de poivre dans la soirée. Ma voisine rougit aussi en dégustant un autre morceau de viande.

The Bar @ Etats-Unis

247 E. 81st St (between 2nd and 3rd Ave)

New York, NY 10028

+1-212-396-9928

La Bottega

Ne serait-ce pour les voitures de la neuvième avenue, j’aurais l’impression d’être dans le restaurant d’un hôtel chic dans les années 60 ; comme si Marty McFly rencontrait monsieur Hulot. Mais pourquoi un restaurant italien de plus dans Manhattan?

Dans mon assiette:

Prosciutto e frutta di stagione

Linguini neri

Ce n’est pas une mauvaise idée de mêler des fruits et du jambon. Vive l’été et la fraîcheur dans votre assiette. Sauf que les fruits de saison, des pêches en l’occurrence, ne sont pas mures et que j’ai un peu de mal avec ces solides morceaux de fruit sans jus, ni fruit finalement.

Là aussi, chouette des linguini neri…qui arrivent tout compacts, visiblement trop cuits. Personne en cuisine ne s’est donné la peine de corriger cette erreur de chronomètre en mettant un peu d’huile pour désolidariser les nouilles. Faute avouée (sous la forme d’une boule de nouilles) est-elle à demi pardonnée? Pas vraiment sauf qu’en fermant les yeux et avec le ventre creux, je fais moins le difficile.

La Bottega

363 W. 16th St. (Ninth Ave.), New York 10011

+1-212-242-4300 / 212-243-8400

www.themaritimehotel.com/bottega.html

Massawa

Dans la même avenue à deux dizaines de blocs d’écart, deux restaurants éthiopiens proposent le même type de cuisine. Mais Awash garde l’avantage. Il n’y a pas grand chose, une pincée d’épices, une cuisson mieux maîtrisée, des aliments mieux choisis mais les grands plats d’Awash savent me faire marcher un quart d’heure.

Dans mon assiette:

Beef sambusa

Massawa combo

Pas mal les sambusas mais je ne suis pas venu pour le court-métrage.

Même si le menu annonce de la viande, j’ai eu l’impression de me retrouver dans un restaurant végétarien, et pas des plus fameux (s’il en existe), tant le goût des légumes est écrasé par la surcuisson et les épices; comme si le mot croquant n’existait pas.

Massawa

1239 Amsterdam Ave (between 120th and 121st St)

New York, NY, 10027

+1-212-663-0505

www.massawanyc.com

Gennaro

Ne dînez jamais avec un ami en train de lancer son hedge fund. Plusieurs fois, vos questions resteront sans réponses. Alors vous en poserez d’autres mais votre voisin de l’autre coté de la table (6o centimètres) répondra surtout en tapant avec l’énergie de l’urgence sur son BlackBerry. 45 minutes montre en main et le voici parti, et vous, seul, avec les billets qu’il vous a laissés. Il n’a bien évidemment pas le temps d’attendre le retour de la monnaie. Quelques tracasseries mondaines qui m’auront empêché d’apprécier (ou au moins, tenté d’apprécier) Gennaro, adresse chaudement recommandée par toute une tripotée d’italiens qui lui ont donné un badge d’authenticité transalpine.

Dans mon assiette:

Une salade (mais quelle salade!)

Tortelloni di Ricotta E Spinaci

Cette salade reste encore un mystère car je n’ai pas réussi à identifier le vert végétal qui avait servi à sa base. J’ai fait répéter trois fois la serveuse mais je n’ai pas osé lui demander de l’écrire. Rien de perdu, lecteurs, car il s’agissait d’une entrée du jour. Et d’une entrée du jour, délectable. Avec un goût fumé, léger dont aurait disparu toute la fadeur aqueuse de tant de salades. Il y a des canneberges sèches, des noix de pécan pour donner une pointe de sucre et de croquant à l’ensemble. Mais je ne sais toujours pas ce que j’ai mangé.

Les ravioli auraient été parfaits s’ils avaient cuit trente secondes de plus, à moins que par télépathie j’ai hurlé au chef de les retirer avant la fin. J’aurais encore mieux apprécié la farce ricotta-champignons et la sauge, plante miraculeuse qui arrive à donner cette pointe, si souvent miraculeuse, à la première assiette de pâtes venue.

Revenir mais sans hedge fund boy

Gennaro

665 Amsterdam Ave (between 92nd and 93rd St)

New York, NY, 10025

+1-212-665-5348

Café Cluny

J’étais déjà venu au Café Cluny -tout comme le musée du Moyen-Age que tout collégien parisien ne manque pas de visiter en classe de cinquième et en traînant les pieds, insensibles qu’ils sont à la riche symbolique de La Dame à la Licorne). Si le Café Cluny a quelque chose de français -pour le reste, la carte tient plus de la France revisitée façon Village avec un tuna burger avalé il y a quelques semaines-, il s’agit des proportions. Enfin des assiettes qui vous sortent du dilemme éducation-obésité. Finis-je mon plat comme ma maman me l’a appris au risque de prendre cinq kilos en un dîner? Apres trois ans à New York, je suis déçu que mon entrée n’ait pas le volume pour jouer les premiers rôles dans un classique parisien.

Dans mon assiette:

Baby artichoke, Prosciutto di Parma, Aragula et Pecorino salad with Meyer lemon vinaigrette

Profiteroles with vanilla ice-cream and chocolate sauce

Tout est dans les singuliers de l’intitulé. Les ingrédients à rallonge sont plus longs que le plat lui-même: c’est la même déception que celle de rencontrer un aristocrate espagnol nain. On s’attend à de la noblesse, du port altier, le Cordobès du Bottin Mondain et on attrape un tour de taille en disant bonjour. Il y a quelques feuilles d’artichauts qui démentiraient Coluche, une tranche de jambon et certainement du pecorino car j’aperçois du blanc dans ce mélange bien vert. Et une, et deux, et trois bouchées, voici mon assiette nettoyée.

Les profiteroles, c’est toujours le même problème. On s’en fait une fête en lisant la carte des desserts. On se pourlèche les babines en les commandant tout en espérant qu’il y en ait trois plutôt que deux. Mais la déception n’est jamais loin. Les profiteroles sont le terrain de jeu idéal des fournisseurs de restaurants. Ils la livrent en kit pour laisser l’illusion au stagiaire qu’il cuisine et au client que quelqu’un s’occupe de lui. Mais les choux sonnent creux: ils n’ont pas été préparés du jour. Le chocolat chaud tiédasse n’attaque même pas la glace bien fadasse: personne n’a été capable de le réchauffer correctement…La gourmandise fera quand même la vaisselle.

Café Cluny

284 W 12th St

New York, NY 10014

+1-212-255-6900

www.cafecluny.com

Page suivante »


 

novembre 2009
L Ma Me J V S D
« mai    
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30  

a