Archive pour la catégorie 'Restaurants NYC'

Un soir à l’opera (sans les frères Marx)

Si vous voulez voir une machine hôtelière en parfaite maîtrise de son tempo, venez au Grand Tier Restaurant. En une heure, vous aurez dîné de vos trois plats, pris votre thé/café et payé sans même avoir eu l’impression d’avoir été bousculé.

La décoration a vieilli même si, à la faveur d’une restauration datant d’une vingtaine d’années, elle semble plus récente que celle de l’opéra lui-même. Il y a ces mêmes volumes si bien exploités dans le reste du bâtiment mais qui, ici, passent presque inaperçus. Nous dînons cote à cote sur la banquette et le va-et-vient de la salle s’offre à nous comme un pré-spectacle. Drame décoratif ultime, nous sommes assis sur des banquettes dignes d’habiller une Renault Clio I sans option. Ces années 80 étaient bien aveugles…

Question alimentation: c’est honnête, sans plus. Je commence par une correcte salade de calamars. L’animal se mâche mais ne se mastique pas, contrairement à tout ce que la plupart des restaurants essayent de vous faire avaler. Je reste dans l’univers marin avec des pétoncles body-buildés et agréables. Le saumon de ma camarade ne me fait pas envie. Non que je n’aime pas ce poisson mais il fut injustement dévalué par la démocratisation alimentaire et la présentation du jour le fait ressembler à un carpaccio orange du Bistro Romain. Avant d’aller goûter L’Elisir d’Amore, aimable divertissement de Donizetti, j’avale une tarte au citron; honnête toujours honnête.

Petite précision: il n’est pas possible de dîner au Grand Tier Restaurant si vous ne disposez pas de tickets pour la représentation du soir.

Grand Tier Restaurant

150 W 65th St (dans le Metropolitan Opera)

New York, NY 10023

+1-212-799-3400

www.patinagroup.com/east/grandTierMetOpera/

Picholine

Quoi de plus triste qu’un restaurant à trois quarts vide même si nous sommes un mardi de crise et que nous arrivons juste avant que les cuisines ne ferment? Il y a une private party bruyante dans un des salons adjacents. Il y a encore des gens qui ont des choses à fêter? A moins qu’ils ne s’enivrent pour oublier.

Le personnel redouble d’égards, à moins qu’il ne soit naturellement attentionné. A force de vouloir séduire le rare client, il le confuse à coups de mises en bouche et de mignardises à gogo. Quand commence le dîner? Quand finit-il? Comme si nous ne voyions que des bandes-annonces -il est vrai souvent meilleures que le film lui-même- alors que nous sommes venus pour le film.

Je n’ai pas très faim et je choisis Tastes of Picholine, soit tous les plats servis taille entrée. La soupe au fenouil est loin d’être transcendante mais le boeuf wagyu est de compét’, tendre sans être mou, ferme sans être dur. Il y a aussi un très beau plateau de fromages, surtout si vous aimez les pâtes cuites. Je finis par le Passion Fruit “Cannoli” tout en douce acidité.

Picholine

35 West 64th Street (between Broadway and Central Park West)

New York, NY  10023

+1-212-724-8585

www.picholinenyc.com

Bar Breton

Pour parler comme Georges Marchais, le bilan est globalement positif. Faisons deux petites listes.

Les plus mieux:

  • Un cadre presque sympa, faussement bricolé avec six chaises dépareillées pour notre table,
  • Des galettes pas mal, même s’il reste illusoire de poursuivre un rêve culinaire breton dans un des quartiers les plus déprimants de Manhattan,
  • En ouverture, une agréable cassolette de tripes servie dans un mini-plat Le Creuset de rigueur,
  • Un menu à $35 pour quatre plats bien balancés et généreux.

Les moins bien:

  • Un service à la ramasse qu’il faut quasiment implorer pour commander ou payer la note,
  • Des verres d’eau que l’on vous remplit après chaque gorgée (ma recommandation: moins de runners, plus de serveurs),
  • Une camarade fragile et barbouillée,
  • Une assommante et médiocre musique technomollindigeste: mieux que le biniou et la bombarde, il y a le silence.

Bar Breton

254 5th Ave (between 28th and 29th St)


Get Directions

New York, NY, 10001

+1-212-213-49

www.barbreton.com/

Un nouveau restaurant

Je suis toujours surpris (et admiratif de tant d’audace ou d’aveuglement) quand je vois un nouveau restaurant ouvrir ces jours-ci; diner dehors, première activité touchée par la crise car il s’agit de l’un des budgets les plus faciles à couper. Certes, le projet a du voir le jour avant que Lehmann ne mette la clé sous la porte et le bail signé avant que les chiffres du chômage ne partent en vrille mais faut-il opportunément poursuivre une mauvaise décision? Avant Rouge Tomate, il y avait Nicole Fahri, magasin rescapé de cette époque si proche et si lointaine -le début du millénaire- ou certaines boutiques de fringue, plutôt chic, proposaient aussi un service de restauration, à coté des cabines d’essayage. A la lisière de Midtown, le lieu était uppereastsidien en diable à midi avec une population très féminine, plutôt bien habillée et pas pressée de retourner travailler (car elle ne travaillait pas).

L’espace est grand, immense; branché, sujet idéal pour magazines féminins. Je vois d’ici l’article dans ELLE dans le dossier “On se change les idées, les filles. On part à New York”. Mais comment atteindre un taux d’occupation de 100%, à moins de devenir The talk of the town? A midi, il y a du monde dans ce quartier de shopping -ou ce qu’il en reste- et d’affaires –il y en a encore?- mais le soir, c’est « Rideaux, rentrez chez vous ». La cuisine tient la route -très bon poulet dans mon assiette avec son accompagnement de choux et de blé- mais je doute que tout New York va converger en face du Metropolitan Club pour dîner alors que tous les restaurants de la ville ont ressorti leur guitare pour jouer la sérénade aux ultimes téméraires clients partis braver la crise.

Rouge Tomate

10 E 60th St (between Madison and 5th Avenues)

New York, NY, 10022

+1-646-237-8977

w.rougetomatenyc.com

Landmarc

Un restaurant dans lequel on joue Kings of Leon (puis Mott the Hoople), même un peu trop fort pour mes délicates oreilles, ne peut pas être foncièrement mauvais.

Landmarc dans Tribeca faisait partie de nos adresses favorites lors de nos premiers mois new yorkais -2005 déjà !- mais la distance avec l’Upper East Side ($40 pour un aller-retour en taxi) et la flemme ont pris le dessus. Quand Landmarc s’est installé dans le Time Warner Center, nous avons pu envisager de reprendre nos bonnes habitudes. Là ou le décor brut de bois et de longues tiges métalliques couleur rouille se mariaient parfaitement à l’architecture industrielle de Tribeca, il parait incongru dans un endroit aussi lisse que ce grand mall dominant Columbus Circle, effet aussi décalé (et rarement réussi) qu’un salon Louis XV dans un loft.

Je prends deux entrées (ou plutôt une entrée et un plat taille entrée). Les os manquent de moelle et j’arrive à peine à finir deux des huit tranches de pain grillé. Pour $14, ils auraient pu rajouter un morceau ou en choisir des plus généreux. Coté boudin, la saucisse de sang n’a pas assez cuite. Elle doit s’apprécier très grillée et tout défaut de cuisson vous rappelle le souvenir liquide peu ragoûtant du cochon en train de mourir. Les accompagnements arrivent en masse, empilés les uns sur les autres et le choix d’une assiette plus grande aurait permis de les repartir, de les distinguer et d’éviter que les oignons caramélisés tentent de terrasser les pommes tièdes.

Les creamy spinach nous font plus l’effet de spinach creamy, soit une sauce blanche très épaisse, dont la serveuse nous confirme qu’elle est renforcée de Philadelphia cheese, dans laquelle surnageraient quelques épinards.

La bonne idée, ce sont les micro-desserts (à $4) qui vous permettent deux bouchées sucrées -dont une tarte au citron tout à fait décente- avant de vous en aller.

Landmarc

10 Columbus Circle

3rd floor

New York, NY, 10019

+1-212-823-6123

www.landmarc-restaurant.com/twc

Republic

Je ne vais pas choisir un pad thaï à chaque fois!

Je reviens la ou j’avais dîné, il y a deux ans, avec mon cousin venu faire une école de cinéma. Maintient qu’il repasse à New York pour tourner son premier court-métrage, nous retournons chez Republic. Lui en jeans, moi en costard et un défi à relever. Comment manger proprement des morceaux de boeuf qui glissent péniblement de leur brochette? J’aurais pu utiliser un couteau et une fourchette mais je m’échine -le goût du défi de l’aventurier du quotidien !- avec mes baguettes à tel point que le morceau de viande -par quatre fois- se tire-bouchonne sur le morceau de bois sans se décider à le quitter. Quand, au bout d’énormes efforts dont je me sors sans une tache, la viande a atterri dans mon plat, je dois la consommer comme un homme des cavernes, m’attaquer à la barbaque, la lacérer de mes canines et la laisser en lambeaux en attendant que j’ai fini de mâcher. Inconfort mis à part, la viande a du goût mais a trop cuit ou manque de tendreté. Le problème revient avec le paquet de nouilles qui forme une boule indémêlable. J’en prends une et je les prends toutes.

Sinon, il y avait une feuille de salade dans le coin de mon assiette et je me demande encore ce qu’elle faisait là.

Republic

37 Union Sq. West (between 16th and 17th St)

New York, NY, 10003

+1-212-627-7172

www.thinknoodles.com/

Une frisée avec vue

Depuis que le Rainbow Room a fermé ses portes sur fond de dispute locative (un propriétaire trop gourmand et un locataire moins riche malgré des prix exorbitants, à moins qu’en temps de crise ceci explique cela), on peut aller à l’hôtel Mandarin Oriental pour avoir New York à ses pieds tout en dinant. Si on vous refile la table du fond (parce qu’il ne reste que celle-là de libre), le lieu perd un peu de son attrait (sauf pour celui qui aime prendre l’ascenseur malgré tout).

Question assiette, il s’agit de la même cuisine que celle servie par tous les room services du monde et certainement enseignée à l’Ecole Hôtelière de Lausanne. Fermez les yeux, vous êtes dans un quatre ou cinq étoiles mais où? Ma frisée (et son petit oeuf au plat) aurait pu m’être proposée à Paris, Hong-Kong ou Melbourne. Elle aurait eu le même goût.

Lobby Lounge (@Mandarin Oriental)

80 Columbus Circle (@ 60th Street)

New York, New York, 10023

+1-212-805-8800

www.mandarinoriental.com/newyork/dining/lobby_lounge

Un sandwich à DUMBO

A ma complainte de la baguette (“Il n’y a pas de bon pain à New York!!” opinion confirmée par un récent voyage en France), mon ami Albert me répond que je dois aller en face de chez lui chez Almondine. Il y aurait de la bonne baguette à New York…qui devient une baguette moyenne selon les standards parisiens. Le sandwich a des allures français car en lieu et place de la mayonnaise, on a du beurre, beaucoup trop de beurre, mais il a d’américain cette superposition verticale de fines tranches de rosbif que seule une bouche surdimensionnée et élastique, comme celle de Jim Carrey, pourrait engloutir. Je suis obligé d’attaquer mon déjeuner par les cotés pour ne pas m’exploser les gencives.

Outre le souci de calmer son impatience avant une visite d’amis chargés de pain ou d’un retour chez Sarkozy, Almondine vaut le voyage pour aller voir Dumbo -le quartier de Brooklyn, pas l’éléphant volant de Disney-, paysage post-industriel, réhabilité pour la plus grande joie des bobos qui ont envahi le quartier.

Almondine

85 Water St, Brooklyn

New York, NY,

+1-718-797-5026

www.almondinebakery.com

Cookshop

Voici quelques temps que je voulais aller chez Cookshop mais pour l’Uppereastsider, dîner à Chelsea relève de l’exil banlieusard. Les vacances m’offrent l’occasion de ce type d’expédition -45 minutes en bus plus métro malgré les recommendations foireuses du galeriste avec lequel je partage mon repas- pour le déjeuner dans la minéralité de l’Ouest de Manhattan. J’avais envie de decouvrir Cookshop mais je me méfiais de cette adresse branchée peut-être déjà défraîchie.

Dans mon assiette:

Grilled sausages salad

Pumpkin Bread Pudding

La salade, malgré une sauce un rien huilée, me plait bien avec ses fruits secs qui lui donnent une touche moelleuse. Tout serait parfait si, en cuisine, ils s’étaient donnés la peine de griller les saucisses jusqu’au bout; saucisses qui perdent de leur vigueur rustique avec leurs bouts de chair molle et froide.

Comme beaucoup de desserts américains, le Pumpkin Bread Pudding appartient à la catégorie des pâtisseries indifférentes. Pas vraiment mauvaises, pas vraiment excellentes. A quoi bon s’enfiler autant de calories pour un plaisir si banal?

Cookshop

156 10th Ave

New York, NY, 10011

+1-212-924-4440

www.cookshopny.com/000_home/000home.htm

Five Guys

Apparemment, un des traits communs de tous les Five Guys est ce tonneau -ou plutôt ces tonneaux- d’arachide qui font ressembler les abords de la caisse à une cage aux singes avec ces carcasses au sol. Sinon, le restaurant (mot ambitieux en la matière) ressemble à un long couloir puant le graillon et hurlant de la bonne musique dans une de ses rues de Midtown aux allures d’impasse.

Dans mon assiette (ou dans mes mains):

Bacon cheeseburger

Comme la loi l’impose aux fast-foods de New York, je vois le nombre de calories que je commande et avec mon bacon cheeseburger, j’approche paisiblement la barre du millier. Quelques frites piquées à F. et je serai bon. L’affaire est plutôt réussie mais je demande s’il faut vraiment s’infliger autant -queue debout dans l’attente de sa commande, vêtements imbibés d’odeur d’huile, confort précaire…- pour un des mets le plus commun de Manhattan.

Five Guys

43 W 55th St (between 5th and 6th Aves)

New York, NY, 10019

Get Directio

+1-212+459-9600

www.fiveguys.com

Page suivante »


 

novembre 2009
L Ma Me J V S D
« mai    
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30  

a