Si vous voulez voir une machine hôtelière en parfaite maîtrise de son tempo, venez au Grand Tier Restaurant. En une heure, vous aurez dîné de vos trois plats, pris votre thé/café et payé sans même avoir eu l’impression d’avoir été bousculé.
La décoration a vieilli même si, à la faveur d’une restauration datant d’une vingtaine d’années, elle semble plus récente que celle de l’opéra lui-même. Il y a ces mêmes volumes si bien exploités dans le reste du bâtiment mais qui, ici, passent presque inaperçus. Nous dînons cote à cote sur la banquette et le va-et-vient de la salle s’offre à nous comme un pré-spectacle. Drame décoratif ultime, nous sommes assis sur des banquettes dignes d’habiller une Renault Clio I sans option. Ces années 80 étaient bien aveugles…
Question alimentation: c’est honnête, sans plus. Je commence par une correcte salade de calamars. L’animal se mâche mais ne se mastique pas, contrairement à tout ce que la plupart des restaurants essayent de vous faire avaler. Je reste dans l’univers marin avec des pétoncles body-buildés et agréables. Le saumon de ma camarade ne me fait pas envie. Non que je n’aime pas ce poisson mais il fut injustement dévalué par la démocratisation alimentaire et la présentation du jour le fait ressembler à un carpaccio orange du Bistro Romain. Avant d’aller goûter L’Elisir d’Amore, aimable divertissement de Donizetti, j’avale une tarte au citron; honnête toujours honnête.
Petite précision: il n’est pas possible de dîner au Grand Tier Restaurant si vous ne disposez pas de tickets pour la représentation du soir.
Grand Tier Restaurant
150 W 65th St (dans le Metropolitan Opera)
New York, NY 10023


